mardi 25 avril 2017

L’entrepreneur social : En Marche « vers le social business »

L’entrepreneur social
En Marche « vers le social business »

Les mutations radicales en cours dans le champ du travail social s’accompagnent de l’émergence d’une nouvelle figure : l’entrepreneur social. Adepte de la « modernité » libérale, chantre du social business, VRP de l’uberisation, l’entrepreneur social entend faire table rase de notre secteur professionnel en imposant un nouveau modèle économique au service du monde de la finance.
La « destruction créatrice » 
De coupes budgétaires en fermeture de services, l’austérité s’est installée dans la durée. Pour compresser l’action sociale et la soumettre aux obligations de résultat, les pouvoirs publics se désengagent et généralisent le recours à la prestation par l’intermédiaire des appels à projets. La fin des conventions pluriannuelles et la généralisation des plateformes de subventions dématérialisées ont déjà eu la peau d’un certain nombre de structures. Ce nouveau schéma concurrentiel est perçu par les entrepreneurs sociaux comme une opportunité pour réaliser une OPA sur le travail social. Une bataille entre « les modernes » et « les anciens » est en cours avec d’un côté le patronat de type paternaliste et de l’autre le patronat converti à l’économie de marché. Les luttes de pouvoirs entre les organisations patronales de la BASS s’inscrivent entre autres dans cette perspective. Pour les entrepreneurs sociaux, le concept de « destruction créatrice » théorisé par l’économiste Schumpeter serait actuellement à l’œuvre. La disparition du modèle associatif subventionné par les pouvoirs publics se traduirait par un changement de paradigme ouvrant les portes de l’action sociale aux diplômé-es des écoles de commerce, aux managers issu-es du privé lucratif, aux banques, aux fondations et aux fonds d’investissement…
Ni trust, Ni start’up !   
Dans ce nouvel environnement, les entreprises sociales remplaceraient les associations à but non lucratif et emprunteraient sans complexe les méthodes du privé à savoir un marketing offensif, un management par objectifs, ou le développement d’activités rentables… Dans cette partie de Monopoly®, les fusions, les absorptions et les banqueroutes déjà à l’œuvre se multiplieront et laisseront sur le carreau salarié-es et usager-es.
Les entrepreneurs sociaux ont élaboré deux modèles revisitant en profondeur les organisations du travail. Le premier que nous qualifierons de trust du social est en phase de consolidation ou de création.  Ces grands ensembles comme le Groupe SOS, Aurore ou certaines Sauvegarde sont le pendant des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT). Ils se caractérisent par des regroupements de services visant à effectuer des économies d’échelles et par la mise en œuvre d’une chaîne de commandement hiérarchisée cherchant à imposer des pratiques professionnelles normatives et évaluables individuellement. Ces unités interviennent sur des secteurs diversifiés (handicap, protection de l’enfance, insertion, hébergement...). En cas de perte d’un appel à projet, ces unités peuvent rebasculer les professionnel-les sur une autre mission. Avec cette précarité financière, la polyvalence et la gestion deviendront incontournables ; la réingénierie des métiers répond en partie à ces problématiques…
En parallèle aux trusts,  « les Uber » de l’action sociale créent des start’up à grand renfort de marketing et de démagogie commerciale.  Leur modèle économique est censé limiter le recours au financement public par le développement d’activités lucratives, la levée de fonds par l’intermédiaire du mécénat, la sollicitation des fondations ou du monde la finance.  Particulièrement actif sur le terrain de la communication, les pouvoirs publics leurs attribuent un certain nombre d’appel à projet en espérant réaliser une opération marketing doublée d’une économie budgétaire… Sur certains territoires, le déploiement de l’action sociale est porté par un système de sous-traitance avec des travailleurs sociaux libéraux sans droits et sans couverture sociale.  Les sirènes de l’indépendance et le mirage de la liberté d’entreprendre attirent toute une nouvelle génération de professionnel-les. Ces startupers s’organisent entre autres dans des ruches ou des plateformes de coworking. Le principe de ces espaces de travail est basé sur la mutualisation des services, l’horizontalité des rapports sociaux et la location de « bureaux » à la journée ou au mois.
Les trusts et les start’up sont en réalité les deux faces d’une même médaille. Les deux modèles agissent de concert pour créer « un marché de la misère » et tirer nos droits vers le bas par la généralisation du dumping social.
Un réseau en Marche…
Dans ce petit monde de startupers, de managers, de communicant-es et de capitaines d’industrie, des figures de proue émergent et structurent les entrepreneurs du social autour de clubs particulièrement actifs. Parmi les têtes de réseaux, nous retrouvons Jean Marc Borello, président du groupe SOS qui s’est chargé de mettre en relation Emmanuel Macron avec Christophe Itier, directeur de la Sauvegarde du Nord, actuel pilier d’En Marche !  dans le Nord. Un focus sur cette personnalité s’impose pour bien cerner le profil type de ces patrons « en Marche ». Diplômé en Ressource Humaine, M. Itier intègre le cabinet de conseil Deloitte et y est mandaté pour effectuer un audit auprès de la Sauvegarde du Nord. Les préconisations émissent séduisent le CA de l’institution qui s’empresse de le débaucher et de lui proposer un poste de DG pour mettre en œuvre ses dites recommandations. En parallèle, la figure montante de l’entrepreneuriat social crée un premier club de dirigeant-es du social dans le Nord sous l’appellation de SOWO. Le succès de cette initiative le propulse sur le devant de scène ; SOWO rejoint alors un autre club d’envergure national : le MOUVES. Ce « MOUVement des Entrepreneurs Sociaux » essaime sur différents territoires et organisent des opérations marketing, des formations visant à promouvoir l’entreprise sociale. Véritable club de rencontres, le groupe met en relation des acteurs de la finance (Crédit Coopératif, Caisse d’Epargne, BNP), des cabinets de conseil (KPMG), des fondations (Vinci, MACIF), des start'upers et des directeurs-trices d’association. Les différentes successions à la tête de cette organisation témoignent d’un fonctionnement clanique. Christophe Itier a été président après avoir succédé à André Dupont par ailleurs président de la Sauvegarde du Nord qui a lui-même précédé Jean Marc Borello. En termes d’objectifs, Le MOUVES entend contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneur, à influencer les pouvoirs publics et à promouvoir un nouveau modèle économique. Pour eux, l’innovation sociale passe des partenariats public/privé. La mise en place des contrats à impacts sociaux sous l’impulsion d’Hugues Sibille, actuel président de la fondation du Crédit Coopératif, est vue comme une aubaine. Le positionnement de la Sauvegarde du Nord sur ce nouvel outil de casse social n’est pas très surprenant…
Les entrepreneurs du social, issus des trusts ou des startup, avancent de manière structurée pour remodeler le visage de l’action sociale autour de modèles organisationnels et économiques. De réflexions, en élaboration de rapports, en passant par un travail de lobbying et des rencontres entre acteurs de « l’action sociale » et du monde de la finance, cette nouvelle figure menace notre conception du travail social. Leurs liens avec Emmanuel Macron témoignent d’une proximité idéologique qui se traduira par une attaque frontale de nos droits et acquis sociaux. Avec la Loi travail, la réingénierie des diplômes, la transformation des modes de financement et la volonté de NEXEM d’attaquer les conventions collectives, toutes les pièces du puzzle pour un changement radical de paradigme sont en place. Face à ce modèle libéral, la bataille pour le social passera, entre autres, par l’élaboration d’un contre modèle solidaire, critique et de transformation sociale !

mercredi 12 avril 2017

Essonne : comment on s’en prend tranquillement à la prévention spécialisée



Essonne : comment on s’en prend tranquillement à la prévention spécialisée

Le département de l’Essonne compte aujourd’hui dix associations de prévention spécialisée, soit 138 postes éducatifs. Les conventions signées entre le Département, les associations et les villes ou intercommunalités étaient arrivées à leur terme depuis fin décembre 2016. Le Département n’ayant pas encore décidé de ce qu’il allait faire de la prévention spécialisée, un avenant était signé jusque fin juin 2017. Autant dire que les éducateurs sur le terrain ne savaient pas à quoi s’attendre et avaient à juste titre du mal à se projeter dans leur travail.

Ces inquiétudes étaient d’autant plus fortes qu’a circulé une nouvelle liste de villes prioritaires sur lesquelles la prévention spécialisée est susceptible d’intervenir, et une modification des taux de financement a été annoncée. Ceux-ci devaient passer de 80 % de financements départementaux et 20 % de financements municipaux ou intercommunaux, à 70 % département – 30% villes et intercommunalités. Nous en savons maintenant davantage sur l’avenir de notre secteur dans le 91, en regardant la séance publique de l’Assemblée départementale de l’Essonne du 27 mars 2017 (à partir de 06:31:00) et en récupérant le rapport concernant les nouvelles orientations départementales relatives à la prévention spécialisée (attention la page 20 de la version du rapport distribuée en séance n’était pas la même que dans la version écrite).

Dans un contexte national qui nous est défavorable, nous sommes soulagés de voir que le Département de l’Essonne maintient la prévention spécialisée sur son territoire avec le même nombre de postes. Seulement de nombreux éléments nous inquiètent et ce à différents niveaux : les choix de financement, l’orientation en termes de pilotage et le travail à réaliser sur le terrain.

D’un point de vue financier, le budget proposé est en baisse de 5 % par rapport à l’année 2016. Le fond du problème n’est pas là même si cette baisse pose des difficultés. C’est surtout la notion de co-financement qui questionne.

Les besoins sociaux sur les communes du département indiquent qu’une présence de la prévention spécialisée serait nécessaire dans de nombreuses villes (prioritaires ou non). Pourtant, si les communes ou intercommunalités refusent d’augmenter leur financement ou d’avoir un établissement de prévention spécialisée, le Département se retrouve à ne pas pouvoir appliquer sa compétence, certes facultative mais indispensable compte-tenu des besoins sur son territoire. De plus, dans ces situations, que va devenir le financement départemental que les villes et intercommunalités auraient dû avoir, sera-t-il réparti sur les autres villes et intercommunalités ? Sur quels critères ? 
Ces questions font écho à des difficultés rencontrées par le secteur ailleurs en France. En effet depuis le 1er janvier 2017, les Départements ont la possibilité de basculer la compétence prévention spécialisée (et son financement) aux métropoles. Cela a eu lieu à Nantes, mais aussi à Rouen par exemple. Dans ces différents endroits, la prévention spécialisée a du mal à trouver sa place dans les compétences de la métropole, et, plus encore, à trouver les financements adéquats. Le risque est clairement que les élus municipaux veuillent orienter la prévention spécialisée vers la tranquillité publique, la médiation, et l’animation des quartiers, au détriment de leurs missions socioéducatives de protection de l’enfance.
Si le Département trouve plus pertinent l’échelle de l’intercommunalité, la volonté de se rapprocher de cet échelon apparaît aussi comme une façon de faire des économies par la « mutualisation » des moyens que le Département souhaite voir se développer : nous prévoyons que des fusions-absorptions de services de prévention spécialisée auront lieu avec l’ensemble des conséquences que l’on connait (perte de certains postes, uniformisation des pratiques, management développé, éloignement des contextes locaux…)[1].
Par ailleurs, les critères retenus pour élaborer la liste des villes prioritaires font que certaines communes dont des quartiers sont classés en politique de la ville, ne sont pas prioritaires, et n’appartiennent plus à la liste. En outre, cette liste modifie considérablement les effectifs dans certaines associations existantes au détriment du travail réalisé et qu’il reste à réaliser. On se retrouve donc dans une gestion de la prévention spécialisée avec des territoires qui, d’une certaine façon, mériteraient sa présence, au détriment d’autres où les besoins, pourtant réels, resteront sans réponse en raison des critères retenus par les technocrates du Département. Pas sûr donc que le redéploiement de la prévention spécialisée se fasse sans casse.

Enfin, concernant le travail sur le terrain, certains élus (d’opposition comme de la majorité), tout comme le rapport qui leur a été rendu, considèrent bien la prévention spécialisée comme de la protection de l'enfance et non de la prévention de la délinquance. Cependant, un certain nombre d'élus se contredisent et demandent entre autres à la prévention spécialisée d’entamer des discussions avec la Préfecture dans une perspective de lutte contre la radicalisation.

De la même manière, selon le Président du Département, il est prévu de revoir le principe d’anonymat et d’établir des objectifs d'obligation de présence aux Conseils Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) de chaque commune. Encore un qui mériterait un rappel au sujet du secret professionnel en prévention spécialisée[2] !

Il est enfin à noter que l’administratif va prendre toujours plus de place puisqu’en plus du rapport d’activité annuel déjà réalisé, un rapport intermédiaire est à réaliser à mi-année, et son contenu conditionnera le versement de 20 % de la dotation, sous réserve d’atteindre les objectifs fixés par le Département ! Comme nous sommes dans une logique gestionnaire, les critères pour ce type d’évaluation ne sont retenus qu’en fonction d’une façon de voir le travail qui n’est pas celle des acteurs de terrain. On se retrouve avec des indicateurs et des nuances qui ne font pas sens pour les équipes éducatives : quelle différence précisément entre les catégories « jeunes captés », « jeunes rencontrés » et « jeunes en suivi individuel » ? Quelles sont exactement les « modalités de sortie du dispositif » sur les motifs de fin de suivis ? D’ailleurs comment et quand sait on la fin d’un suivi ? Et finalement, quel intérêt et quel usage pour tous ces items ? L’évaluation sert-elle à permettre aux équipes de prendre du recul sur leur activité et de mieux adapter leur pratique aux besoins du territoire ? Ou sert-elle aux managers et gestionnaires pour contrôler l’usage de l’argent public et la discipline des équipes éducatives ?

En conclusion, on voit que, comme dans de nombreux autres territoires – y compris enÎle-de-France – le Département de l’Essonne tend à renforcer ce qu’on peut appeler la rationalisation de la prévention spécialisée, c’est-à-dire l’emprise sur celle-ci, permettant de lui imposer des réformes de ses thèmes et modes d’intervention (prévention de la radicalisation, remise en cause de l’anonymat), de ses financements et de sa gestion (transferts de compétence), de ses territoires d’activité, etc.
Ces processus nous questionnent finalement du point de vue du sens de notre travail. C’est ce qu’ont tendance à omettre les services du Département qui veulent modeler le secteur de la prévention spécialisée par en haut, en oubliant que ce métier a fondamentalement vocation à s’adapter aux différents terrains d’intervention. Façonner la prévention spécialisée à travers des logiques de gestion, de sécurité publique et d’austérité imposées par la technocratie départementale, c’est la dénaturer presque entièrement.
C’est pour prévenir ces menaces qui planent sur notre secteur que des collègues et militants de toute l’Île-de-France ont décidé de lancer fin février un collectif des acteurs de terrain en prévention spécialisée d’Île-de-France. L’objectif de ce collectif ouvert est de se rassembler entre collègues et alliés pour défendre la prévention spécialisée, les publics et quartiers pour lesquels elle travaille, et réaffirmer que notre métier doit être porteur d’émancipation pour les habitants et les professionnels, et non un instrument de contrôle piloté par des élus assoiffés de pourcentages électoraux et de réductions des soi-disant « déficits ». Le collectif peut être contacté à l’adresse suivante : collectif-prev-idf@outlook.fr ou via notre Facebook : Rézo Social 93 La prochaine réunion devrait avoir lieu début mai.

Thibault Nachav (CGT Action Sociale 91), Jonathan Samy (SUD Santé Sociaux 93)



[1] Voir cet article sur la situation de la prévention spécialisée en Île-de-France en 2016 : http://mouvements.info/la-prevention-specialisee-francilienne-en-voie-de-disparition/
[2] Comme nous l’avions fait par rapport au Val-de-Marne : 



mercredi 1 mars 2017

#Greve7mars : cortège "social en lutte"


#Greve7mars : cortège "social en lutte"
(RDV devant le café Oz - Boulevard Saint Jacques à 13h)
Mardi 7 mars, SUD Santé Sociaux, la CGT et FO appellent l’ensemble des professionnel-les du Social et du Médico-Social à participer à une journée de grève nationale au côté du secteur de la Santé. Les raisons de converger et de prendre part à la grande manifestation dans les rues de Paris ne manquent pas ! Notre quotidien et l’accompagnement des usager-es se dégradent jour après jour. Les coupes budgétaires se traduisent dans bien des cas par des licenciements, des fermetures de structures ou des absorptions. Sur le terrain, la souffrance au travail se propage de service en service… Il est temps de tirer la sonnette d’alarme et de passer à l’action !
1) En grève contre les coupes budgétaires
2) En grève contre le « social business »
3) En grève contre la volonté de NEXEM de démanteler les conventions collectives
4) En grève contre la casse des métiers
5) En grève pour nos conditions de travail
6) En grève pour nos salaires
Retrouvons-nous pour former un cortège national du travail social et médico-social dynamique et unitaire :
- RDV devant le café Oz (Bd Saint Jacques) juste à côté de la sortie du Metro Denfert à 13h
Nous vous invitons, à faire suivre ce RDV le plus largement possible dans vos réseaux respectifs.
A l'attaque !
#Greve7Mars #7mars #Manif7Mars #SaveTheDate

jeudi 16 février 2017

6 bonnes raisons pour être en grève le 7 mars à Paris !


6 bonnes raisons pour être en grève le 7 mars à Paris !

Mardi 7 mars, SUD Santé Sociaux appelle avec la CGT et FO l’ensemble des professionnel-les du Social et du Médico-Social à participer à une journée de grève nationale au côté du secteur de la Santé. Les raisons de converger et de prendre part à la grande manifestation dans les rues de Paris ne manquent pas ! Notre quotidien et l’accompagnement des usager-es se dégradent jour après jour. Les coupes budgétaires se traduisent dans bien des cas par des licenciements, des fermetures de structures ou des absorptions. Sur le terrain, la souffrance au travail se propage de service en service… Il est temps de tirer la sonnette d’alarme et de passer à l’action ! 

1)      En grève contre les coupes budgétaires
En cette période d’austérité permanente, le travail Social et Médico-Social sont devenus de simples variables d’ajustement économique. Cette année encore, le Plan de Financement de la Sécurité Sociale (PLFESS) prévoit 1,3 milliard de coupes budgétaires pour la Santé et 200 millions pour le Médico-Social. Les associations financées par les collectivités territoriales sont mises au même régime.                             De nombreux départements réduisent la voilure et imposent la mise en concurrence des structures à travers le recours aux appels à projet.
2)     En grève contre le « social business »
Les baisses des dotations publiques favorisent le recours aux financements privés. Pour accompagner ce mouvement et livrer le travail social au monde de la finance, les entrepreneurs du Social sont particulièrement actifs. Les fusions, les absorptions et les liquidations font désormais partie de notre quotidien. De véritables trusts du Social se constituent et entendent remodeler en profondeur le sens même de nos missions. Avec l’arrivée du contrat à impact social, les banques, les fondations ou les fonds d’investissements peuvent désormais spéculer sur le travail social en le transformant en « marché de la misère ».
3)     En grève pour défendre et améliorer les conventions collectives
Dans cet environnement concurrentiel, la volonté du patronat associatif de revenir sur les acquis sociaux et plus particulièrement sur les conventions collectives est désormais officielle. La nouvelle organisation NEXEM ne s’embarrasse pas de circonvolutions. Son programme de combat est pour le moins explicite : devenir le leadership des organisations patronales de la BASS et imposer une convention collective étendue au rabais qui se substituerait à la CCN 66, CCN 51, CCN 65, CLCC, CHRS, Croix-Rouge.

4)      En grève contre la casse des métiers
Le gouvernement a entamé un processus de transformation des métiers et des diplômes mobilisant la Commission Professionnelle Consultative (CPC) et le Haut Conseil du Travail Social (HCTS). Les travaux sont censés aboutir d’ici la fin de l’année 2017 avec comme objectif d’uniformiser les différentes formations du Social, de généraliser la polyvalence, de supprimer les stages de longue durée et d’inculquer la culture du chiffre. Avec ce projet de déqualification des métiers, les futurs professionnel-les du Social se transformeront en gestionnaires de la commande publique.
5)     En grève pour nos conditions de travail
La constitution de trust du Social s’accompagne par la mise en place de nouvelles hiérarchies visant à piloter l’activité par les prismes du résultat et de la rentabilité. Sur le terrain, ces nouvelles méthodes de management se répandent comme une trainée de poudre.                         La pénurie de moyens se traduit par une surcharge de travail, des dénonciations des accords RTT et une dégradation des accompagnements. Ces conditions de travail engendrent de la souffrance, de la fatigue professionnelle ou des burn out en cascade…
6)     En grève pour nos salaires
Le patronat de notre Branche constate que notre secteur ne suscite plus autant de vocation. Pour y remédier, ils entendent lancer une campagne de communication. Notre secteur n’a pas besoin de poudre aux yeux. Il faut rompre avec ces longues années d’austérité et de gel des salaires ; il faut rompre avec les stages non gratifiés et la précarité étudiante ; il faut rompre avec la substitution des emplois par le bénévolat, il faut rompre avec tous les contrats insécurisants !


Le 7 mars à Paris est l’occasion de dire STOP à la casse du travail Social et Médico-Social.

Départ de la manif à 13h à Denfert-Rochereau

En 2017, organisons la contre-offensive !


Nos revendications en faveur du travail social et médico-social :


  • La défense et l’amélioration des Conventions Collectives Nationales
  • L’augmentation générale des salaires.
  • La révision à la hausse des points d’indice.

  • L’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers.

  • L’arrêt des coupes budgétaires de la Sécurité Sociale et des collectivités territoriales qui financent nos secteurs.

  • Le refus des recours aux appels à projet et le maintien des conventions pluriannuelles par les collectivités territoriales afin de financer les associations

  • L’arrêt des expérimentations des Contrats à Impacts Social.

  • L’abandon du projet de ré-ingénierie de l’ensemble des métiers du social.

  • La formation et le recrutement des personnel-les nécessaires au fonctionnement de nos établissements.
  • Des financements pour les étudiant-es indispensables pour le paiement des gratifications de stages

  • L’abrogation des lois HPST, lois Nôtre, Macron, Rebsamen et de la loi Travail



mercredi 15 février 2017

Dans les boites, les manifestations et les quartiers, bloquons la répression ! COMMUNIQUE DE SUD SANTE SOCIAUX 93


Le syndicat SUD Santé Sociaux 93 tient à exprimer son soutien à la vague de colère et d’indignation qui suit le viol dont a été victime un jeune habitant d’Aulnay-sous-Bois, 

En tant que syndicalistes travaillant et/ou vivant en Seine-Saint-Denis, nous soutenons pleinement les habitant-es du 93 excédé-es par les violences policières, les inégalités, les stigmatisations, et nous étions parmi les nombreuses personnes qui sont venues assister au rassemblement en hommage à Théo et contre les violences policières, à Bobigny, le samedi 11 février 2017.

De nombreux policier-es mobilisé-es dans le cadre d’un état d’urgence permanent sont probablement à bout de force et tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Pour autant, les propos racistes exprimés sur le terrain ou publiquement par certains membres des forces de l’ordre témoignent d’un mal plus profond à l’origine d’une défiance d’une partie de la population.

« L’affaire Théo » n’est pas isolée ! Il y a peu une affaire similaire s’est déroulée à Drancy lors d’une garde à vue. A ces humiliations, s’ajoute la longue liste des violences exercées contre les acteurs/trices du mouvement social ou contre les jeunes des quartiers populaires. La répétition de ces bavures nous interpelle et nous questionne ! De bavures en bavures, les dérapages s’institutionnalisent. L’Etat ne fait plus mystère de sa volonté de s’en prendre aux classes populaires dans les quartiers ou dans les manifestations. Ces violences policières s’inscrivent dans une stratégie répressive visant à faire taire les colères et les solidarités.

Ces colères sont légitimes car elles prennent racine dans le ras-le-bol d’un système profondément inégalitaire où les propriétaires des grands moyens de production, des médias dominants et des principaux offices politiques, entretiennent l’oppression des classes populaires. L’État social est mutilé, les services publics reculent partout, les politiques de solidarité se font saigner, tandis que les mesures favorisant les intérêts du patronat et des financiers s’enchaînent. La cupidité des oligarques ne connait plus de limites, et les idéologies sécuritaires sèment la division pour mieux régner.

Nous sommes pour une convergence des luttes et le développement des solidarités de classes. A cet effet, nous appelons à rejoindre et soutenir les manifestations pour obtenir justice pour Théo et tous les autres, et à participer à toutes les prochaines mobilisations contre les violences policières commises dans les quartiers, les piquets de grèves ou les manifestations ! 
Nous appelons aussi avec notre Union syndicale Solidaires à la marche pour la dignité du samedi 19 mars.

Justice pour Théo, Zyad, Bouna, Rémi, Adama, Joachim, Laurent et tous/tes les autres !

Neuilly-sur-Marne le 14/02/2017

dimanche 12 février 2017

Prévention spécialisée sabordée : même dans le 94 !


Nous avons récemment appris que le Val-de-Marne, un des derniers départements où la prévention spécialisée n’était pas radicalement remise en cause, vient de rejoindre finalement les rangs des fossoyeurs de celle-ci. La prévention spécialisée est une pratique socioéducative en direction des jeunes et ados, en milieu urbain, basée – rappelons-le bien pour commencer – sur la non-institutionnalisation de l’action, l’anonymat des personnes accompagnées, la libre-adhésion de ces dernières et l’absence de mandat nominatif d’intervention.
Comme dans de nombreux départements, mais aussi certaines boîtes du 93, telles que l’association Arrimages par exemple, il a été décidé qu’au mépris de toutes les règles les plus élémentaires du secret professionnel (cf. encadré ci-dessous), les éducateurs devraient maintenant remplir des fiches de renseignements plus ou moins détaillées sur les personnes accompagnées ; cela sans que les salariés n’aient de visibilité sur les destinataires et l’usage qui sera fait des infos qu’ils rapportent.
Dans le 94, la cerise sur le gâteau est le logiciel Eudonet, édité par Eudoweb, entreprise privée dont les produits informatiques sont achetés par « 50 % des entreprises de l’indice CAC 40 ». On vous laisse imaginer le prix du service.
Ce logiciel se présente comme un tableau de renseignement très détaillé contenant les informations nominatives de base concernant la personne accompagnée, sa famille, ses relations (les éducateurs sont invités à faire une fiche par personne), les dates et objets des rdv, etc. Si une zone de flou entoure les usages et l’intérêt de ce gadget informatique, on observe que les acteurs de terrains désapprouvent massivement ce projet, d’après un questionnaire adressés aux équipes par des représentants de salariés.
En somme, les décideurs et les hiérarchies reprochent à nouveau à ces idiots d’éducateurs que leur travail est « illisible » et n’est pas « valorisé ». Pourtant, la prévention spécialisée est financée par les ministères depuis 1959, et elle n’a jamais eu autant à subir cette injonction à l’évaluation et à la « lisibilité ». Alors, est-ce que la prévention spécialisée est devenue illisible, ou est-ce les instances de tutelle qui ne savent plus lire cette pratique alternative et originale, et ce qu’elle représente en termes de lien social, de solidarité, d’autonomie et de diversité du public, d’aléatoire, d’humain… ?
Les éducateurs le disent bien : ce n’est même pas l’approche quantitative qui les gêne, car les chiffres peuvent être utiles. Au moins ils ne sont pas pires que la collection d’informations personnelles demandées par les tutelles à travers le logiciel. À travers les informations qu’ils donneront, pour ficher les gens, les éducateurs seront d’ailleurs eux-mêmes fichés, et leur activité contrôlée à travers cette espèce de tableur Excell de luxe.
Le problème, c’est que ces méthodes d’évaluation quantitatives et intrusives sont inadaptées à la prévention spécialisée et retranscrivent extrêmement mal sa réalité de terrain. Par ailleurs, elles sont une aberration économique puisqu’elles reviennent à dépenser un temps de travail et des sommes budgétaires considérables pour un résultat que la plupart des acteurs de terrain jugent très insatisfaisant, voire dangereux : ces évaluations ne seraient-elles donc qu’un outil de contrôle et de contrainte ?
On peut se rendre compte aisément que ces méthodes d’évaluation sont également immorales et dangereuses car elles amènent nos hiérarchies et les services de l’État à se constituer des bases de données sur les personnes accompagnées – ce qui est plutôt inquiétant quand on sait qu’un décret vient d’autoriser la création du fichier « Titres Électroniques Sécurisés », fichant, grâce aux infos des passeports et cartes d’identité, 60 millions de français. Jusqu’à quel point ce fichage généralisé ira-t-il ? On le verra rapidement si 2017 voit l’élection d’un président de droite dure ou d’extrême droite.



Enfin, ce que semblent oublier les Big Brothers en herbe qui font la promotion de ce type d’évaluation, c’est que cette divulgation d’informations sur les personnes accompagnées dans le simple cadre des évaluations et de la « démarche qualité » est une rupture injustifiée du secret professionnel auquel sont tenus les salariés de la branche Aide sociale à l’enfance du Département (branche dont fait partie la prévention spécialisée). En un mot ces évaluations donnant le nom des personnes accompagnées et des détails plus ou moins intimes sont illégales – à moins d’informer les jeunes et les parents de mineurs qu’on fait des fiches sur eux, ce qui, on l’imagine bien, est une aberration en prévention spécialisée, cette dernière étant basée sur une relation de confiance établie sur le lieu de vie des gens, de façon non-institutionnalisée, largement informelle et confidentielle.

RAPPEL DU CADRE RÉGLEMENTAIRE RELATIF AU SECRET PROFESSIONNEL EN PRÉVENTION SPÉCIALISÉE
-            Les circulaires d’application de l’arrêté du 4 juillet 1972 établissent la valeur réglementaire du concept d’« anonymat » des personnes accompagnées par la prévention spécialisée 
-            L’article 9 du Code civil établit le « droit au respect de la vie privée »
-            l’article 221-6 du Code de l’action sociale et des familles stipule que tous les services rattachés à la branche Aide sociale à l’enfance du Département (et la prévention spécialisée en fait partie selon les articles L. 121-2 et L. 221-1 du même Code) sont soumis au secret professionnel
-            les articles 226-13 et 226-14 du Code Pénal et l’article 223-6 du même code précisent les seuls cas de figure où peut être rompu ce secret professionnel : les évaluations internes et externes n’en font pas partie, ni par conséquent les « démarches qualité » (c’est plutôt dans des situations de danger, de violences, de maltraitances, par obligation d’assistance à personne en danger, etc.)
-            enfin l’article 226-2-2 du Code de l’action sociale et des familles stipule notamment que les parents d’enfants à propos desquels nous échangerions des informations doivent être préalablement informés : « Le partage des informations relatives à une situation individuelle est strictement limité à ce qui est nécessaire à l'accomplissement de la mission de protection de l'enfance. Le père, la mère, toute autre personne exerçant l'autorité parentale, le tuteur, l'enfant en fonction de son âge et de sa maturité sont préalablement informés, selon des modalités adaptées, sauf si cette information est contraire à l'intérêt de l'enfant. »

PROCHAINE RÉUNION ORGANISÉE PAR LE CTDPS94 :

MARDI 21 FEVRIER 2017 À 18H30
À LA MAISON DES SYNDICATS DE CRÉTEIL : 

11 RUE DES ARCHIVES 94000 CRÉTEIL 

UNE AUTRE RENCONTRE COLLECTIVE AURA ÉGALEMENT LIEU LE MARDI 28 FEVRIER A LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS À DESTINATION DES TRAVAILLEURS DE TERRAIN EN PRÉVENTION SPÉCIALISÉE D’ÎLE-DE-FRANCE,


ECRIVEZ A collectif-pref-idf@outlook.fr POUR ÊTRE INFORMÉS OU SUIVEZ LE SITE ET LE FACEBOOK DE RÉZO SOCIAL 93 :

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A propos du rapport de la CPC sur la réforme des formations en travail social

La CPC a rendu son rapport : répondons ensemble à la question :
Comment rendre le travail social plus rentable ?



Après quelques soucis techniques avec le blog, nous revenons avec cet article qui paraîtra dans le prochain n° papier.

La Commission Professionnelle Consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC) est un groupe institutionnel de réflexion qui conseille le gouvernement sur la question des formations en travail social. Dans le cadre des États Généraux du Travail Social lancés ces dernières années par le gouvernement, la CPC avait pour mission de réfléchir à des pistes pour réformer les formations des travailleurs sociaux. Elle a rendu un premier rapport intitulé « Métiers et complémentarités » en février 2015 préconisant de réduire le nombre de diplômes et d’ancrer ceux qu’il resterait dans un « socle commun », simplifiant ainsi le schéma des formations pour mieux le faire encadrer dans une logique universitaire (licence, master). Depuis cette date et même avant, les mobilisations de travailleurs sociaux se multiplient à l’appel de collectifs militants et des syndicats en travail social.

Après la présentation du Plan d’action en faveur du travail social (analyse ici) par la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé Marisol Touraine et sa Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion Ségolène Neuville le 21 octobre 2015, cette dernière a redemandé, en février 2016, à la CPC de penser des moyens de « moderniser » les formations. Le Ministère a imposé des thématiques de réflexion – telles que l’objectif à terme de publier un « cahier des charges qualité pour les établissements de formation » – ainsi qu’un calendrier : une nouvelle réforme des formations en travail social devra entrer en vigueur en septembre 2018.

Pour l’instant, la CPC a donc rendu un rapport d’étape fin 2016 en faisant part de l’avancement de ses travaux. Ce texte d’une vingtaine de pages reste à un niveau « conceptuel » et ne préconise encore rien d’opérationnel. Il avance cependant des principes assez révélateurs sur la vision idéologique qui sous-tend ce projet de « réingénierie ».
Le premier point que met en valeur le rapport est l’objectif de rendre plus « attractifs » les métiers du travail social pour le dynamiser davantage : le travail social se caractérisant en effet par un grand nombre de professionnels et d’activités variées, « nous avons donc une donne économique majeure, un secteur en essor dont la vitalité est sous-estimée […] Comme l’ont montré les études des observatoires, c’est un secteur dont le poids économique est supérieur, par exemple, à celui de l’informatique, des transports, des banques… » (p. 6). L’objectif est donc annoncé : rendre le travail social plus attractif pour la main-d’œuvre… mais aussi pour les investisseurs et les entrepreneurs. Cette logique était déjà très présente dans le rapport « Bourguignon » (cf. analyse citée ci-dessus).
Difficile d’interpréter ensuite l’objectif de faire du travail social une « discipline » à part entière à travers une « culture professionnelle commune » tournant autour d’un « socle commun » de compétences complété par une « spécialisation progressive ». En effet, on entrevoit ici une volonté de rendre plus « lisible » le monde du travail social aux yeux des décideurs, déconnectée d’une quelconque référence aux exigences des publics et des terrains : pourquoi uniformiser de la sorte le travail social, si ce n’est pour mieux le contrôler, le gérer, le vendre bloc par bloc ?
Cela, surtout quand on observe la mollesse des registres de compétences autour desquels la CPC préconise d’organiser le socle commun : nulle part ou presque il n’est fait référence aux notions d’émancipation individuelle ou collective et à ce qu’elles impliquent, en revanche le travailleur social doit savoir « se situer par rapport à la norme et la loi », et « promouvoir les principes et valeurs de la République », ce qui suggère un travailleur social agissant comme un missionnaire de la République, plutôt qu’un soutien psychique et social à des personnes ou des groupes justement délaissés par les dysfonctionnements de la République. Perspective un peu réductrice de se dire que les travailleurs sociaux ne sont que le service-après-vente d’une République défaillante et inégalitaire.
Le rapport affirme également souvent vouloir revaloriser le niveau de qualification (donc de reconnaissance sur les grilles réglementaires) de plusieurs diplômes, tout en pointant le risque que les salariés soient finalement perdants puisqu’il y aurait un développement des postes les moins coûteux pour les employeurs (donc les moins qualifiés) tandis que les diplômes plus qualifiés perdraient de leur attractivité en raison de la réduction du nombre postes proposés.
Cette vision cherchant une soit disant « fluidité ascentionnelle », une « simplification », une « meilleure attractivité » et une « modernisation » du travail social relève clairement d’un idéal néolibéral, qui considère qu’en plaquant autoritairement des grilles qui faciliteront la gestion des boîtes et du personnel, le secteur aura davantage de « lisibilité », sera plus moderne et plus vendeur. Surtout quand on observe le contexte de politiques d’austérité, de réductions des budgets publics, de développement des financements privés… Cette logique de réforme des formations est un nouveau pas vers la rationalisation, la marchandisation du travail social.


Prochaines dates de mobilisations :
Le 7 mars : Santé Action Sociale : Tous en grève et en manifestation

Pour continuer la réflexion : "Travail Social engagé, travail social enragé", article synthétique de fond sur la situation périlleuse du travail social, originellement paru dans Le Progrès Social, n°104, jeudi 15 septembre 2016 : disponible ici.

jeudi 7 avril 2016

Succès des EGATS 93


Succès des EGATS 93 : prés de 150 participant-es, de la réflexion, des vidéos, des propositions d'actions, de la bonne humeur, un bon repas fraternel et un temps de convergence des luttes avec des représentant-es de l'APEIS 93, du Collectif des travailleurs du droit d'asile, d’enseignant-es du 1er degré, du comité d'action de Ville-Evrard et du comité de gréve des étudiant-es de Paris 8... Notre Seine-Saint-Denis est belle et rebelle !!!



Motion des EGATS 93 :
"L’intersyndicale des secteurs sociaux de Seine-Saint-Denis organise aujourd’hui mardi 5 avril des Etats Généraux Alternatifs du Travail Social. Plus de 150 salarié-es et étudiants-es des secteurs sociaux du public ou du privé entendent résister à la casse de nos métiers, de nos conventions collectives, de nos statuts, de nos formations initiales et de notre éthique professionnelle. En ce jour de manifestation et de gréve contre la "loi travail", nous affirmons notre détermination à amplifier la mobilisation jusqu’au retrait total du projet de loi. Nous appelons l’ensemble des acteurs et actrices du travail social du 93 à participer à la manifestation au départ de République ce samedi 9 avril à 14h dans les rues de Paris. Pour monter en puissance, l’intersyndicale des secteurs sociaux 93 invitent les salarié-es, les étudiant-es et les usager-es à se réunir sur leur lieu de travail ou d’étude pour débattre des suites à donner afin de renforcer la lutte contre la "loi travail" et la résistance à la casse du travail social"
L’intersyndicale des secteurs sociaux de Seine-Saint-Denis